jeudi 11 décembre 2008

Entre les pages blanches...pauvreté, richesse

La création est une arme dans la vie… au sens de force pour affronter le quotidien, pour aiguiser les sens, pour admirer l’infini, le tout et le rien, pour aimer.
J’ai toujours été fascinée par l’acte de création, préférant très souvent les croquis, les ébauches, au rendu final, plus conceptualisé (je ne vais pas dire conventionnel).

J’aime les ratures, les fautes d’orthographe (les miennes aussi), les « à peu près » : ce labeur de tous les instants, cette spontanéité du trait et de l’esprit.
Ainsi « Richesses du livre pauvre » de Daniel LEUWERS m’a conquise rien que par une page.


Ces livres, hors norme, apportent toute cette créativité diffuse, exhortée, qui me laisse sans voix. Rencontre entre forme, image et texte : mots, dessins, couleurs, poésies, découpages, photographies… une association, une illustration, un accompagnement, une description, une mise en abime, un échange culturel, une combinaison-exploration des techniques… un livre pauvre et tellement riche…

« Dans sa définition première, le livre pauvre est une pratique qui a déjà ses habitudes et ses adeptes. Il s’agit essentiellement, pour certains poètes et artistes, de faire diversion au livre de luxe. [...] Il y a certainement quelque nostalgie diffuse dans la réhabilitation de l’écriture manuscrite et dans le recours à ce que l’on considère comme un geste premier -même si manuscrire un poème ne correspond jamais à l’écriture originale, le plus souvent réservée aux brouillons ou à ce qu’on a appelé les " avants-textes ". Mais il y a un aiguillon encore plus puissant : la recherche par le poète et le peintre d’une discrète mise à nu devant la matière picturale et scripturale. Une épreuve du feu qui sort tout autant le poète que le peintre de leur solitude et les invite à une solidarité esthétique en même temps qu’à un étrange corps à corps où la guerre des signes fait rage en vue d’une issue pacifiée : le livre dans sa nudité éclatante. » (extrait du « Livre pauvre » de Daniel LEUWERS pris d'ici d'un extrait plus long et très, très pertinent, à lire donc)

Un « livre pauvre » est un livre d’art, de croquis, de textes, de saveurs… de rencontres…
« (…) il y aurait, de toute façon, un doute pour préciser et pour nommer, aujourd’hui, ce qu’après les premiers peintres des grottes ou les peintres du premier art roman, ont initié Charles Cros et Edouard Manet autour de « Le Fleuve » en 1874, puis Stéphane Mallarmé et Edouard Manet autour du "Corbeau" d'Edgar Poe en 1875 :

livre de peintre, livre illustré, livre de bibliophilie, livre simultané, livre d’artiste, artist’s book, livre-objet, livre peint, livre manuscrit-peint, livre singulier, livre exemplaire, présence artiste, poésure et peintrie, livre de dialogue, livre pauvre… » (extrait de "En regard du travail de Jacques Dupin" de Jean-Gabriel Cosculluela, trouvé ici )


Alors voilà, pour me délecter, pour m’offrir du luxe en un seul livre, pour entrer dans cette intimité du manuscrit, de la poésie et du dessin presque unique… j’aimerais bien « Richesses du livre pauvre » de Daniel LEUWERS…


pour vous donnez envie encore c’est ici, ici ou en image là ? Je serais aussi ravie de lire "Livre pauvre, Livre riche" du même auteur.

*source papier artisanal travaillé, retravaillé de Cat: Waterloo, de quoi reprendre la création par le début… sa page blanche, son papier


Et je ne désespère pas d’un temps où je créerais les miens, en m’associant à d’autres, pour le partage… de quoi rêver devant l’œuvre personnelle de certains créateurs : comme un carnet de croquis d'une Marraine ou une page de la Source aux bois ou un éventail de possibilités proposées par Miss fenêtre sur la cour, ou ceux-là …

mardi 9 décembre 2008

Cherche Arbre de Noël désespérément

Entre Hanoukka et Noël mon cœur balance… pas tant que cela en fait. J’ai envie de cadeaux avec plus de convivialité et de douceurs pour le premier… des châtaignes grillées, des clémentines, des pâtes de fruits, des graines à faire germer dans des pots ou sur du coton, des graines de tournesol, de citrouille, de sésame en pickles, des sablés, du pain d’épice, des réglisses, des noix, des noisettes, des fruits secs, de petits trésors à mettre dans un herbier ou dans une boite, feuilles, fanes, graines, glands, plume, galets, cônes, pommes de pins, orange aux clous de girofle comme un retour de promenade… Un présent pendant une semaine… une sorte de calendrier de l’avant naturel ou maison… à mettre en avant avec ce dernier, plus conventionnel mais aussi original avec un petit quelque chose 25 jours avant le jour J.

*source Arbre de Noël

Seulement pour le second, il manque un élément de choix : l’arbre de Noël ! Avant de promouvoir tous les ans un citronnier ou oranger en pot, rentré en hiver dans notre chez-nous, il nous en faut un autre.



Pas de celui conventionnel, coupé pour l’occasion même si un de ses semblables est planté juste à sa place. Encore moins un artificiel. Un arbre de Noël stylisé, fait de branchages ou de bambous, que sais-je, une construction humaine reprenant cette atmosphère, cette ambiance chaleureuse. Une façon d’exorciser en garadant le bon côté.
Sans épicéa, si ce n’est un peu d’huile essentielle si cette odeur de résine, de cônes et d’aiguilles nous manque.



*source sapin

Un arbre de Noël, un bouquet de branchages... comme un mobile à la Galet&Galette, un sapin à la Laurent WEISS, celui de N-Talo à côté des nichoirs à oiseaux ou un de ceux proposés par Crealeaste... comme celui de Pescalune...

*source Pescalune

ou trouvé trop tard (le 28/12/08), le bouquet rouge et fabuleux, avec des boules de collection, de Tess

jeudi 4 décembre 2008

Un nez en porcelaine

Depuis moins d’un an je déguste le thé. Vous ne le saviez pas ?! Alors du thé en vrac, nature, de crus modestes aux appellations pourtant belles, je passe aux crus plus intéressants.
Je me prends aussi à ouvrir un carnet de dégustation avec les annotations malhabiles d’une amatrice pas encore tout à fait éclairée.
Pour des raisons économiques, j’infuse mes feuilles au zhong (chung ou gawai) en suivant cette méthode. Et j’y ai pris goût, le couvercle me réserve des surprises de taille à chaque fois et le temps d’infusion est plus intuitif… au nez.



*source

Justement, en parlant de lui, pour aller encore un peu plus loin je zieute sur un accessoire de Gong Fu Cha. De quoi me faire un appendice des plus experts… j’ai envie d’un puits à odeurs, un wénxiāngbēi … une tasse à sentir si vous préférez. Loin d’être superflu, elle permet de déceler des parfums encore tenus. T.alain et ses convives offre une belle vue, heu une bonne effluve (lire aussi les commentaires) de cette petite porcelaine.

Une tasse à sentir, celle qui est la plus étroite et longue…
*source

*source

Alors seule, accompagnée de sa tasse à boire, posée sur un plateau de thé, ou non… j’en rêve un peu… Une simple tasse à sentir là, accompagnée ici, ou plus sûrement et de meilleure qualité à La Maison des Trois Thés.

De quoi exercer encore ma motricité fine…
*source utilisation de la tasse à sentir, ou suivre aussi là

Edit: je l'ai achetée, la voici accompagnée de sa tasse à boire et de son plateau, elle vient de "Thé de Chine" sur Paris... je m'en suis servie la première fois là...

mardi 2 décembre 2008

Un érudit plein d'humour en voyage

Joann SFAR me surprend toujours. Comme la rêveuse, je me délecte du "Chat du Rabbin"… ce chat parlant et puis miaulant les considérations religieuses d’un groupe de sépharades. De quoi se repositionner avec délice dans cette judéité si symbolique.

J’ai adoré sa version du "Petit prince" de Saint-Exupéry… pleine de poésie, de liberté stylistique.

Je zieute un peu sur le libertinage du "Petit Mousquetaire", y vois de belles trouvailles sur la virilité, le sexe et l’art. Je souris et ris même de ce personnage si proche physiquement (et peut-être sensuellement) de son double humain Pierre DUBOIS dont j’ai quelques encyclopédies elficologiques. N’hésitez pas à lire cet interview avant les « comptines assassines » et avant que je vous reparle de lui et de sa tenue.

*source Joann SFAR au travail

Mais ce que je préfère ce sont tout de même ses anecdotes philosophiques, ironiques et cocasses. Alors en attendant de faire un billet plus complet sur cet érudit dessinateur plein d’humour, il me plairait de suivre ses traces dans ses carnets, c’est très tentant…


J’y retrouverais ses partis-pris, ses aquarelles fabuleuses, détaillées, fouillées ou libres, et un je ne sais quoi d’en dehors des marques….

« Maharajah : carnets de Joann SFAR » en Inde: « ses Indes »



Ou « Missionnaire : carnets de Joann SFAR » sur ses voyages à Tokyo ou aux Etats-Unis

Une terre en sphère ou en carte

De quoi démarrer une conception de géostratégie politique. Se resituer pour ne plus être le centre de l’Europe, du continent ou encore du monde.

Un globe terrestre aux frontières politiques actuelles, pas forcément lumineux, surtout pas parlant (il pourrait dire des bêtises). Juste un globe qui tourne avec ses pivots, pôles sud et nord, et ses méridiens… une sphère que je peux toucher, sur laquelle doigt après doigt je vois la distance…

Depuis début 2010 un globe rugueux Montessori est arrivé chez nous... nous l'utilisons là.

*source globe terrestre tout comme j’aime : un Stellanova Mentor

Une planisphère en 3 dimensions pour suivre le parcours de l’oncle Indy (mon frère) derrière sa petite balle jaune, de cet autre « oncle » Arian (mon cousin) au sommet de ses montagnes … juste de quoi m’indiquer, aussi, où mes lectures m’ont emmenée cette fois. Avec ou sans les reliefs... de toutes façons ce n'est pas maintenant que nous allons grimper ou plonger....


*source globe Coronelli

C’est vrai qu’un globe terrestre Coronelli aurait été très beau mais avec des idées du monde tellement vieilles, je laisse donc toute cette cartographie pourtant si belle visuellement… voir ici

Et puis de quoi aller plus loin encore…


Les "Atlas géopolitiques du Dessous des cartes" de Jean-Christophe Victor, Virginie Raisson, Frank Tétart, Frédéric Lernoud :

Le volume 1 avant tout, pour déchiffrer les relations internationales et mieux les comprendre et m’aider dans un raisonnement complet…
« Cet Atlas du Dessous des Cartes poursuit l’ambition pédagogique de l’émission d’ARTE, donner des outils pour apprendre et réfléchir. Avec équilibre et objectivité. Mais sans neutralité : pas question en effet d’être géopolitiquement correct à tout prix. »


Le volume 2 pour continuer et voir les implications de la mondialisation…


Ou les deux d’un coup…